Les Bouts-de-Ligne
Les surnoms ont souvent des origines mystérieuses, parfois
ils naissent d'expériences ou, au contraire, font référence
à des faits vécus. Pour Les Bouts-de-Ligne, surnom
collectif des habitants de Maria, une partie de l'histoire gaspésienne
est ainsi immortalisée.
La construction du chemin de fer fut difficile en Gaspésie.
À la fin du XIXe siècle, après bien des rebondissements
et des péripéties, sa construction fut interrompue
par une grève des employés non payés et la
faillite de la compagnie. Pendant quelques années le chemin
de fer n'allait pas plus loin que Maria, d'où l'expression
" le bout de la ligne ".
Lors de la reprise des travaux et afin de toucher une subvention
pour permettre la continuité de sa construction, le contrat
stipulait que la locomotive devait être à New Carlisle
avant le 1er décembre 1896. Les entrepreneurs sachant que
la construction du chemin de fer ne pourrait être achevée,
décident d'utiliser les ressources naturelles dans le but
d'arriver à leurs fins. On construisit un bout de ligne de
la voie ferrée principale jusqu'à la mer. De là,
la locomotive bien installée sur un chaland et après
une dure traversée de la Baie des Chaleurs, on réussit
à livrer la précieuse cargaison avant la date promise.
Ce bout de ligne improvisé est demeuré plusieurs
mois en plein centre du village de Maria, ce qui renforçait
le sobriquet " bout de ligne ". On raconte même que les gens,
pour se situer, disaient qu'ils demeuraient soit à l'est
soit à l'ouest du bout de ligne.